
Dans la province de Papua Highlands, en Papouasie (Indonésie), Rosalia Rerek Sogen, enseignante de 30 ans a été tuée dans un raid militaire. Depuis plus de 60 ans, la région est en proie à une opposition entre l’armée du pays et des groupes séparatistes.
L’attaque est survenue subitement. Alors qu’un groupe de professeur et de personnel soignants vaquaient à leurs occupations, un groupe armé leur a tendu une embuscade.
Les criminels masqués leur ont d’abord demandé de l’argent, avant de s’énerver devant le refus des enseignants. Les malfrats ont alors mis le feu à une salle de classe ainsi qu’au dortoir des enseignants.
La situation a ensuite dégénéré et les tirs ont fusé. Rosalia Rerek Sogen, 30 ans est décédée et huit autres personnes - d'autres enseignants et des travailleurs de la santé - ont été grièvement blessées. Le ministre de l'enseignement primaire et secondaire, Abdul Mu'ti, a présenté les condoléances du ministère à la suite du décès de cette enseignante catholique.
Cet épisode sanglant s’est déroulé dans le district d'Anggruk - dans la région de Yahukimo, en Papouasie occidentale. L’île de la Papouasie est divisée depuis 1969 : la partie occidentale appartenant à l’Indonésie, l’autre étant l’État de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Selon la police, le groupe armé criminel appartiendrait à l'Armée de libération nationale de l'Organisation de la Papouasie libre (TPN-OPM), militant pour la fin de la domination indonésienne en Papouasie. Le conflit se double d’une connotation religieuse : la majorité de la population de la Nouvelle-Guinée occidentale est chrétienne, alors que l'Indonésie est majoritairement musulmane.
Le groupe séparatiste a justifié l'attaque en affirmant que les enseignants et les travailleurs de la santé étaient des militaires infiltrés. Cette déclaration faisait suite à celle du chef des forces armées indonésiennes, le général Agus Subiyanto, qui avait affirmé que les militaires étaient déployés dans la région pour garantir la sécurité des civils.
"Ce conflit a fait d'innombrables victimes parmi les différents groupes, y compris l'armée indonésienne, l'armée de libération nationale de Papouasie occidentale (TPNPB) et les civils. Les rapports indiquent que des milliers de personnes ont perdu la vie, que ce soit dans les combats directs ou à cause des impacts plus larges du conflit, tels que la famine, les maladies et les traumatismes psychologiques", indique un message envoyé par l'évêque au média Crux.
Germain Gratien