
« Depuis deux heures du matin, on est restés éveillés, l’église de Zaria (quartier populaire de Maradi) a été brûlée, la voiture du pasteur a été brûlée par des individus qu’on ne connaît pas. La gendarmerie est sur place, soyons prudents. »
Dans la nuit de samedi à dimanche, l’église de Zaria a été incendiée. C’est dans ce quartier populaire de Miradi, troisième ville du Niger, que des manifestants ont ainsi voulu protester contre l’arrestation de l’imam local. Le responsable de l’Assemblée de Dieu a alors informé les fidèles de la situation :
« Depuis deux heures du matin, on est restés éveillés, l’église de Zaria (quartier populaire de Maradi) a été brûlée, la voiture du pasteur a été brûlée par des individus qu’on ne connaît pas. La gendarmerie est sur place, soyons prudents. »
#Maradi : une église incendiée après l'arrestation d'un imam
L'église a été incendiée dans la nuit de samedi à dimanche à Maradi, au cours d'une manifestation à la suite de l'arrestation d'un imam. Selon ses proches, Cheick Rayadoune a été relaxé aujourd'hui.@bbcafrique pic.twitter.com/v3AF4uQxsz
— Niger Tribune (@NigerTribune) June 16, 2019
C’est l’arrestation de Cheick Rayadoune, influent imam de la mosquée de Zaria, qui a déchainé la colère des manifestants. Il avait qualifié d’anti-islam « un projet de loi concernant l’organisation du culte au Niger ». Ce projet de loi, adopté fin avril par le Conseil des Ministres, indique que « la liberté de culte doit être exercée dans le respect de l’ordre public » et que « l’exercice du culte dans un lieu public sera sujet au régime de l’autorisation préalable ».
L’Agence Fides annonce que l’imam a été libéré dimanche. Selon une source policière, « il a reconnu son erreur et s’est excusé » :
« Mes partisans doivent arrêter de créer des désordres en ville. L’islam ne veut pas cela. Je n’ai pas été maltraité par la police. J’ai été trompé par ceux qui m’ont traduit un texte dont on suppose qu’il serait le document officiel. »
Selon un haut responsable du ministère nigérien de l’Intérieur, ce projet de loi sert à éviter que « les dérives prônées par les organisations obscurantistes terroristes » ne prennent de l’ampleur dans le pays :
« Cette loi est le fruit des plusieurs consultations et concertations profonde. [...] Dans le texte il n’y a rien d’anti-islam. »
Le Niger est un pays à large majorité musulmane. Il ne compte qu’1 à 2 % de chrétiens. En mai dernier, la paroisse de Dolbel avait elle aussi été victime d’une attaque. Le prêtre avait été blessé. Des sources indiquaient alors à Fides :
« Depuis longtemps circulaient des rumeurs de possibles attaques contre la Paroisse et les prêtres en particulier. Ce dernier fait ne constitue que la confirmation de la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone frontalière avec le Burkina Faso. Les forces de défense semblent peu préparées à une nouvelle vague de terrorisme sahélien. »
Au Niger, nous sommes toujours sans nouvelle de Luigi Maccalli, missionnaire italien enlevé il y 9 mois.
M.C.