Sur France Culture, Sébastien Fath analyse le succès des évangéliques en France

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Ils étaient 50 000 en 1950. Aujourd’hui, ils dépasseraient le million. Les protestants évangéliques attirent de plus en plus en France, malgré une sécularisation de la société. Sur France Culture, le chercheur au CNRS Sébastien Fath, analyse ce phénomène. 

Dans un podcast diffusé par France Culture, le chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) Sébastien Fath analyse le succès des évangéliques en France.

"Notre objectif est d’offrir une église pour 10 000 habitants donc on voudrait doubler ou tripler le rythme de construction actuel. En Espagne, une nouvelle église s’ouvre tous les 3 jours" explique Daniel Liechti, président de la commission d’implantation du Conseil national des Évangéliques de France.

Une dynamique très forte pour une population qui représente environ 1,6% de la population française. Un essor qui peut également paraître étonnant dans une société française de plus en plus séculaire.

Sébastien Fath ne parle pas de sécularisation mais de "recomposition du champ religieux". Selon lui, le modèle de "l’observant traditionnel", qui observe une religion par habitude, disparaît. Il laisse place au modèle du croyant par choix, par conviction. Un changement d’appréhension de la foi par les Français qui permet aux évangéliques de se multiplier.

Cette soif de spiritualité, de transcendance a de plus en plus de mal à être satisfaite par les élites politiques. Le protestantisme offre une certitude dans la vie surnaturelle et s’engage pour la conversion des âmes. "Nous sommes face à une religion qui cherche à convertir au Royaume de Dieu. Pas seulement une Église-providence qui supplée aux défaillances de l’État-providence" poursuit le chercheur.

Plusieurs forces favorisent le protestantisme évangélique en France. D’abord, face au délitement du lien social, à la disparition progressive des lieux de sociabilité, les évangéliques offrent une communauté du lien assure Sébastien Fath. 

Le chercheur poursuit en expliquant que les convertis viennent principalement du catholicisme, et non de l’islam comme on l’entend souvent. Selon un sondage IPSOS de 2017, 38% des évangéliques venaient d’un autre milieu dont 62 % du christianisme, 27% sans religion, 2% de musulmans et 2% de juifs.

De plus, les différentes communautés évangéliques n’hésitent pas à utiliser les technologies nouvelles comme les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle. Pour Sébastien Fath, de nombreux influenceurs évangéliques participent à donner à la foi un côté "cool".

"La technologie a un rôle dans la diffusion de la religion chrétienne. La révolution Gutenberg a permis le développement du protestantisme au XVIe siècle. De même, la révolution Zuckerberg nourrit les dynamiques évangéliques car sont des dynamiques bottom up, qui partent de la base pour aller vers le haut."

Jean-Benoît Harel

Crédit image : Shutterstock / Beautiful landscape

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