
Le pape François est toujours hospitalisé à Rome pour une double pneumonie, avec un diagnostic "réservé". Voici les trois scénarios possibles autour de son état de santé, qui suscite l'inquiétude depuis près de deux semaines.
Guérison: vers une longue convalescence
Malgré ses 88 ans et ses nombreux antécédents médicaux, le pape, connu pour sa force de caractère, semble aller mieux: son état a vu une nouvelle amélioration mercredi même s'il n'est pas encore "hors de danger", selon ses médecins.
Une double pneumonie nécessite au minimum trois semaines de convalescence et l'équipe médicale du pape ne s'est pas prononcée jusqu'ici sur la durée de son hospitalisation. Quoi qu'il arrive, la gravité de cette alerte, la plus sérieuse depuis son élection en 2013, l'obligerait à lever le pied au moins au début, lui qui a toujours maintenu une cadence effrénée au Vatican.
"On imagine mal François reprendre ses activités avec le même rythme après une telle alerte", glisse une source vaticane sous le couvert de l'anonymat. "Il y aurait forcément une période de transition", ajoute-t-elle.
En juin 2023, après 10 jours d'hospitalisation pour une opération de l'abdomen, le pape avait respecté une période de convalescence. Mais celle-ci avait eu lieu en été, une période habituellement plus calme.
La principale question sera de savoir s'il pourra tenir ses engagements à court terme, à commencer par les célébrations de Pâques en avril. En mars 2024, il avait annulé à la dernière minute sa participation au Chemin de Croix au Colisée pour préserver sa santé. Une autre interrogation concernera sa capacité à présider les nombreux évènements prévus pour le Jubilé, grande "Année sainte" organisée tous les 25 ans par l'Église catholique à Rome. Se posera enfin la question de sa capacité à voyager. Le prochain déplacement à l'étranger, bien que non officialisé, est prévu en mai en Turquie pour le 1.700e anniversaire du Concile de Nicée.
Décès: un protocole millimétré
En cas de décès, le scénario est régi dans les moindres détails par les règles du Saint-Siège. Après la mort du pape François, le cardinal camerlingue, Mgr Kevin Farrell, sera chargé de gérer les affaires courantes de l'Eglise jusqu'à l'élection du nouveau pontife, avec des pouvoirs nettement réduits et surtout administratifs.
Il convoquera les réunions de cardinaux, appelées "congrégations", et décidera avec elles du jour et de l'heure de l'exposition de la dépouille du pape défunt, de la date de l'inhumation, qui doit intervenir entre le 4e et le 6e jour après la mort. Les obsèques, dont François a tenu à simplifier le rite, auront lieu dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican, tandis qu'il a choisi d'être inhumé dans la basilique Sainte-Marie Majeure, dans le centre de Rome.
Le conclave, chargé d'élire le nouveau pape, doit débuter entre 15 et 20 jours après le décès. Les cardinaux électeurs - ceux âgés de moins de 80 ans, actuellement au nombre de 138 - voteront dans le plus grand secret à huis clos, dans la chapelle Sixtine.
Démission: nouvelles spéculations en vue
Les spéculations autour d'une possible renonciation du pape à sa charge ont déjà redoublé d'intensité depuis son hospitalisation le 14 février, et devraient se poursuivre dans les prochains mois. "Si le pape survit, beaucoup imaginent ensuite qu'il voudra terminer l'année jubilaire mais qu'après, quand il aura 89 ans, il aura sur la table la question de savoir s'il doit démissionner ou non", explique à l'AFP le vaticaniste italien Marco Politi.
François a convoqué un Consistoire, une réunion de cardinaux, pour la proclamation de nouveaux saints. C'est ce cadre qu'avait choisi son prédécesseur Benoît XVI pour annoncer sa renonciation en 2013, à la stupeur générale. Mais aucune date n'a encore été fixée. Ces dernières années, le jésuite argentin a soufflé le chaud et le froid sur l'hypothèse d'une démission. Après avoir toujours laissé la porte ouverte à cette éventualité, il a expliqué qu'elle ne devait pas "devenir une mode".
Et le fait qu'il ait repris le travail depuis sa chambre d'hôpital semble envoyer le signal qu'il est toujours aux commandes.
La Rédaction (avec AFP)