Iran : deux chrétiens récemment amnistiés remis en prison

Iran deux chrétiens récemment amnistiés remis en prison

Alors qu’ils avaient été libérés il y a plus d’un an, Joseph et Nasser, deux chrétiens impliqués dans un réseau d’églises de maison, ont été arrêtés à nouveau et incarcérés dans la prison d’Evin le 6 février dernier.

Joseph Shahbazian a 60 ans. Il est chrétien irano-arménien. Condamné à 10 ans de prison pour "action contre la sécurité nationale" en septembre 2021, il a été libéré un an plus tard, en septembre 2022. Nasser Navard Gol-Tapeh quant à lui, a 63 ans et fait partie des chrétiens "convertis" (anciennement musulman). En 2017, il a reçu la même condamnation et a été libéré 5 ans plus tard, en octobre 2022.

Tous deux étaient responsables d’un réseau d’églises de maison. Aucun des deux ne s’attendaient à ce que les agents du renseignement ne les arrêtent à leur domicile le 6 février dernier. Les raisons de ce revirement restent à ce jour incertaines. Article18 indique que d’autres chrétiens téhéranais ont subi le même sort et sont encore en garde à vue.

Nasser et Joseph sont actuellement détenus dans la tristement célèbre prison d’Evin au nord de la capitale iranienne. Nasser aurait refusé de se nourrir pour protester contre cette nouvelle arrestation qu’il estime illégitime. 

Ces nouvelles arrestations surviennent dans un contexte de répression accrue des chrétiens en Iran. Selon le rapport annuel 2025 d'Article18, présenté aux Nations Unies à Genève le mois dernier, les autorités iraniennes ont intensifié leurs actions contre les églises de maison et leurs membres. Et cela malgré une décision de la Cour suprême iranienne en 2021 qui stipulait que la participation à des églises de maison ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale.

La république islamique d’Iran est classée 9ème dans l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2025 de l'ONG Portes Ouvertes. Les chrétiens historiques (arméniens et syriens) ont une liberté de culte limitée, mais les chrétiens convertis de l’islam n’ont pas le droit à une église officielle. C’est pourquoi ils se réunissent dans des églises de maison. Ce faisant ils s’exposent à des raids de police, des arrestations et des condamnations à de lourdes peines de prison, précise encore l’ONG.

Edouard Vandeventer

Crédit image : Article 18

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