
Alors qu’en Inde s’achève le pèlerinage du Maha Kumbh Mela, auquel ont participé près de 600 millions d’hindous, cette célébration a été l’occasion de deux appels puissants à la violence de masse contre les chrétiens. Des discours haineux relayés sur les réseaux sociaux incitent des milliers de fanatiques à mener un massacre le 1er mars, suscitant une vive inquiétude au sein de la communauté chrétienne.
Le 26 janvier, lors du "Hindu Religious Parliament" organisé par le Vishwa Hindu Parishad (VHP), M. Aadesh Soni, militant hindouiste de Raipur, a appelé publiquement à une action violente contre les chrétiens, accusés de consommer de la viande de vache. Devant une assemblée acquise à sa cause, il a incité 5 000 hindous à marcher sur les villages de Bishrampur, Ganeshpur et Jhanakpur, peuplés exclusivement de chrétiens, afin de "les mutiler et les massacrer".
Cette déclaration, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, est accompagnée d’une organisation logistique via un groupe WhatsApp, facilitant le rassemblement des participants. Le massacre est prévu pour le 1er mars, date à laquelle ces militants prévoient de mettre leur plan à exécution.
Cet appel à la violence a été renforcé par les propos du Shankaracharya Avimukteshwaranand, figure religieuse influente, qui a exhorté ses fidèles à "tuer ceux qui tuent la mère vache". Ces déclarations, largement diffusées sur les plateformes META, aggravent le climat de terreur dans la région. La propagation rapide de ces incitations au meurtre témoigne d’un climat de radicalisation inquiétant, facilité par l’impunité dont bénéficient certains extrémistes.
Face à cette menace imminente, des voix s’élèvent pour alerter les autorités. Les églises baptistes, notamment depuis le Nagaland, ont interpellé le gouvernement du Chhattisgarh pour prévenir une catastrophe humaine. Vishal Mangalwadi, auteur et intellectuel chrétien, a quant à lui adressé un appel direct au Premier ministre indien ainsi qu’aux plus hautes autorités de l’État. L’urgence est désormais de savoir si ces interpellations suffiront à mobiliser les forces de l’ordre pour éviter le bain de sang annoncé.
Camille Westphal Perrier