
« Je n’aimerais pas qu’on en fasse n’importe quoi, mais c’est un voeu pieux. Celui qui l’achètera pourra en faire un dancing et on n’aura rien à dire. »
Les paroissiens de l’église du Saint-Sacrement de Binche ont vécu dimanche leur dernière messe. Elle est désormais en vente, huit siècles après sa fondation. Et l’offre est alléchante puisque le prix demandé est de 1 €. L’abbé Michel Diricq a déjà reçu des offres et espère que le futur propriétaire « en fera bon usage ».
« L’église a été donnée en 1976 à la paroisse par les soeurs de la congrégation du Très-Saint-Sacrement pour un franc belge symbolique lorsqu’elles ont quitté les lieux. Mais c’était un cadeau empoisonné. »
Selon l’abbé, sa communauté « n’a pas les moyens de s’occuper de l’électricité, des assurances, de refaire la toiture, les vitraux ou les gouttières ».
« Il faudrait au bas mot 100.000 euros. Nous avons donc décidé de la vendre, même pour un euro. »
L’heure est aux interrogations désormais pour la communauté qui s’inquiète du devenir de son église, à l’instar de Jean-Pierre Marcq, ancien curé de la paroisse :
« Je n’aimerais pas qu’on en fasse n’importe quoi, mais c’est un voeu pieux. Celui qui l’achètera pourra en faire un dancing et on n’aura rien à dire. »
Dimanche, à l’occasion de la dernière messe, Michel Diricq s’est adressé à ses paroissiens :
« Qu’est ce qu’un édifice religieux ? Il n’est rien sans la communauté qui l’habite, sans l’âme qui l’a construit. »
M.C.
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