
Aux Émirats Arabes Unis, l’année de la tolérance s’inscrit cependant dans un cadre strict.
C’est le sultan Alzaheri, Directeur exécutif du Département chargé du développement communautaire d’Abou Dhabi, qui vient de l’annoncer. Selon l’agence Fides, les permis de construire de 17 églises sont en cours de procédure d’autorisation.
Cette décision s’inscrit dans une démarche de coexistence harmonieuse entre les communautés religieuses. L’année 2019 est en effet l’année de la tolérance aux Émirats Arabes Unis. Dans ce pays où plus de 12% de la population est chrétienne, cette tolérance s’inscrit toutefois dans un cadre strict. La Constitution de 1971 place l’islam comme religion officielle et la charia comme base de la législation. La discrimination fondée sur la religion y est interdite. Les croyants sont libres d’exercer leur culte religieux, tant qu’il est « conforme à l’ordre public ou ne viole pas la moralité publique ». Pour le Père Samir Khalil, cette liberté religieuse est une « exception à la règle dans les pays musulmans ».
C’est dans ce contexte que les 17 églises chrétiennes, destinées à accueillir les communautés d’Abou Dhabi, devraient voir le jour. Le 13 juin déjà, la réouverture du site archéologique de Sir Bani Yas avait été un évènement important pour la communauté chrétienne. Ce complexe monastique était en effet jusque là fermé au public. On se souvient également de la visite historique du Pape, premier chef de l’Église catholique à fouler le sol de la Péninsule arabique.
La communauté chrétienne se réjouit de ces probables ouvertures, mais pour Amnesty International, « l’année de la tolérance sonne faux dans le contexte de la répression », comme l’explique Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient :
« Les autorités émiriennes ont déclaré 2019 Année de la tolérance et cherchent à se servir de la visite du pape François comme d’une preuve de leur respect envers la diversité. En ce cas, sont-elles prêtes à revenir sur leur politique de répression systématique à l’égard de toute forme de dissidence ou de critique ? [...] Il faudra plus que des rencontres symboliques pour redorer le bilan déplorable des Émirats arabes unis en matière de droits humains. »
M.C.