
À Mirebalais en Haïti, des gangs armés ont mené une attaque massive le 31 mars dernier. Plusieurs personnes ont été tuées dont deux religieuses. D’autres ont été chassées de chez eux, leurs maisons pillées et brûlées.
Nouvel épisode de violence en Haïti. Dans la ville de Mirebalais, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Port-au-Prince deux religieuses, appartenant aux Petites Sœurs de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ont été assassinées ce lundi 31 mars.
Les sœurs Evanette Onezaire et Jeanne Voltaire étaient engagées dans l’éducation des enfants et suscitaient "l’espérance en un avenir meilleur", souligne Mgr Désinord Jean, évêque de Hinche, qui a exprimé sa compassion et sa colère dans un communiqué.
Un presbytère a également été attaqué et le gardien a été exécuté par les bandits des gangs.
Depuis près d’une semaine, une coalition de gangs attaque la ville de Mirebalais, les magasins, les commissariats, et les habitations. La prison a également été ciblée et 500 détenus se seraient échappés. L’évêque dresse un bilan catastrophique de la situation : des milliers de personnes sont dans les rues ou en fuite, ayant tout perdu, leurs maisons pillées et incendiées.
Selon Fides, la déléguée départementale du gouvernement dans la région, Frédérique Occéan, a déclaré que des cadavres en décomposition recouvrent les rues de la ville, répandant une odeur nauséabonde.
À propos de l’assassinat des deux religieuses, la conférence épiscopale a déploré "un crime odieux". "Leur vie donnée au service de l’Évangile et des plus vulnérables demeure un témoignage éclatant de l’amour du Christ", est-il écrit dans un communiqué, qui dénonce l’inaction des autorités haïtiennes.
"Haïti traverse la vallée de l’ombre, mais l’espérance chrétienne nous assure que la lumière du Ressuscité viendra illuminer nos chemins vers des jours meilleurs", ont assuré les évêques du pays.
"Dans cette épreuve, nous ne devons pas céder à la haine ni à l’indifférence. Résistons par la foi et par l’unité, refusons de laisser la violence définir notre avenir."
Rien que l'année dernière, selon les données publiées par l'ONU, la violence en Haïti a fait au moins 5600 morts (un millier de plus que l'année précédente), plus de 2000 blessés et environ 1500 enlèvements.
Germain Gratien