#BlueForSudan : Qu’en est-il des chrétiens soudanais ?

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« S’il-vous plait, changez votre photo de profil et que le monde sache ce qui se passe. Nous ne pouvons pas nous taire. »

L
es internautes affichent en bleu sur leur photo de profil leur soutien face à la mobilisation au Soudan. C’est dans le deuil qu’est né le mouvement #BlueforSudan. Il a été lancé sur les réseaux sociaux par les amis de Mohammed Mattar.

Ce jeune ingénieur soudanais de 26 ans fait partie de la centaine de personnes tuées par les forces de l’ordre, le 3 juin, au cours d’un sit-in à Khartoum pour réclamer la chute du régime d’Omar el-Béchir. Les corps des victimes ont été jetés dans le Nil.

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✨•PLEASE DONATE to sudan, using link in my bio. Just 5$ or even 1$ and place a blue heart emoji if you’ve donated below. 💙it’s a great start. •Please WRITE to your members of Congress , condemn the violence used. Text the word RESIST to 50409 and an automated bot allows you to write a letter to them. Express your need to see the Sudanese people attain a democratic and civilian led government. Ask for a meeting, we’ve been lobbying here in DC, and have had senators and congressmen/women issue statements. There are even hearing happening currently in congress discussing the Sudanese uprising. This is largely due to our efforts in the diaspora to engage them. We are doing something more than just updating our dp to mattar blue. • Please also PRAY for sudan. Never underestimate the power of prayer. • Please also repost any news you see pertaining to sudan, we are the only voice they have rn. ✨Screenshot this photo and change your profile picture on IG. This is an effort to raise awareness as we the sudanese diaspora are the only voice. The internet has been completely turned off in sudan. The government has shut it down in order to conceal its massacres and crimes against civilians. On the 29th day of Ramadan Janjawid militia burnt peaceful protestors alive in their Revoultion tents, threw live bodies into the Nile river, anchored with stone bricks to ensure they drowned, shot over 100 peaceful protestors dead, raped little girls, grown men and female medical doctors and so many more atrocities I can’t go on. Please change your profile photo and let the world know what’s happening. We cannot be silenced. United we stand, divided we fall. Our strength is in our unity. This specific shade of blue is in honor of the martyr Mohammed Mattar. @mattar77 Rest In Peace king. This shade of blue was his profile pic on IG and as a symbol to honor ALL martyrs we’ve changed our dp into blue. Rest In Peace courageous souls we’ve lost. But not in vain. The Revoultion continues . A civilian led democratic government will come to reality and the Sudanese people’s dreams will be actualized. #tasgotbas #iamsudanrevolution #sudancivildisobedience #sudanuprising and as a

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« S’il-vous plait, changez votre photo de profil et que le monde sache ce qui se passe. Nous ne pouvons pas nous taire. »

@reresolve_ souhaitait que chacun prenne la couleur de la photo de profil de son ami décédé. Et cet appel est devenu viral.

Pour Hiba, étudiante en maîtrise interrogée par la BBC, ce mouvement donne de l’espoir dans l’une des « dictatures les plus strictes et les plus brutales du monde » :

« La première fois que je suis allé au sit-in, j’ai réalisé à quel point les choses étaient différentes. Alors que dans le passé, les manifestants appartenaient généralement à des groupes ethniques ou sociaux bien spécifiques, au sit-in, il y avait littéralement tous les groupes ethniques - Arabes, Africains, Chrétiens, Musulmans. Tout le monde était là, millionnaires et enfants sans abri. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que cela avait pris un caractère différent de toute manifestation auparavant. »

Qu’en est-il des chrétiens qui vivent dans cette « dictature » ? Les membres de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale se sont rendus en mai 2018 au Soudan. Ils dénonçaient déjà le « recours à une force excessive » par le gouvernement face aux « manifestations nationales historiques » et les « tentatives de supprimer les manifestations et la liberté d’expression ».

Des contraintes religieuses strictes imposées à tousSelon le dernier rapport de l’USCIRF, le gouvernement impose « une interprétation stricte de l’islam sunnite » et « des contraintes religieuses aux musulmans et aux non-musulmans ». Il est question de « harcèlement, arrestation, détention ». Au Soudan, la persécution vient des « actions des agents du gouvernement, de la sécurité et de la police ».

« Depuis la séparation du Soudan et du Sud-Soudan en 2011, le gouvernement du Soudan a déclaré que la plupart des chrétiens est resté ou a déménagé au Sud-Soudan et que 97 pour cent de la population est musulmane. Cependant, de nombreuses communautés chrétiennes existent encore au Soudan. »

Les propriétés des chrétiens confisquésSelon les experts, « les autorités chargées de la sécurité et de la propriété foncière visent particulièrement les membres et les responsables des églises évangéliques du Soudan ». Ils révèlent ainsi qu’une liste gouvernementale prévoit la destruction de 27 églises, suite à un problème de « zonage ou construction illégale ». C’est ainsi qu’en février 2018, une église avait été détruite au bulldozer.

« Des membres de l’église ont informé l’USCIRF que la police n’avait pas averti et avait démoli le bâtiment malgré une décision en suspens sur droits de propriété de l’église. La police a confisqué les biens à l’intérieur de l’église, y compris tous les livres, et les aurait donnés à la personne qui se réclamait propriétaire de la terre. »

Une persécution en toute impunitéLe rapport dénonce également le fait que le harcèlement et les arrestations des chrétiens se font en toute impunité. Il cite en exemple les actes de torture perpétrés sur des chrétiens par les forces du NISS au Darfour, ou la confiscation de la voiture d’un pasteur sous prétexte qu’elle appartenait à un « étranger organisation travaillant dans l’évangélisation chrétienne », ou encore les actes de propagandes contre les chrétiens par les salafistes au moment de Noël.

« Les chefs religieux des minorités et leurs avocats ont été surveillés, harcelés et fréquemment arrêtés pour diverses raisons telles que le prosélytisme ou la prise de parole contre le gouvernement, accusés d’activité criminelle, détenus, contraints de se défendre devant un tribunal, condamnés à une amende, et libérés, à plusieurs reprises. »

Au Soudan, seule 3% de la population est chrétienne.

M.C. 

Crédit Image : Jer123 / Shutterstock.com


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